Je m’appelle Sonya Duval… je suis employée depuis plus de 10 ans dans un service qui traite les réclamations clients, je suis divorcée avec une fille de 13 ans.
Tout a commencé quand mes statistiques téléphoniques ont baissé… On me reprochait de plus en plus mal servir et renseigner les clients ! Mais bon, moi, je voulais faire mon maximum, mais ce n’était pas simple dans cette société, il y avait beaucoup de turnover, des filles qui partaient du jour au lendemain parce qu’elles ne supportaient plus le stress…
Un matin, mon responsable de département m’a convoqué et il m’a dit :
- Sonya, qu’est-ce qui ne va pas dans votre vie actuellement ?
- Vous n’êtes pas dans votre assiette, ça se voit bien !
J’ai répondu que dans ma vie, tout allait bien, et que j’avais simplement une petite baisse de régime au niveau professionnel, parce que ça devenait lourd de laisser couler les remarques désobligeantes des clients… Il m’a répondu que depuis la nuit des temps, les clients téléphonaient quand ça n’allait pas, que le service était fait pour cela, et que je travaillais ici depuis assez longtemps pour le savoir et que… si c’était vraiment la raison… il faudrait peut-être que j’envisage de me remettre en question, au risque, si je ne le faisais pas, de devoir me trouver un autre travail… et il a ajouté que ce serait dommage, parce qu’il m’a toujours fait de bonnes évaluations, et qu’il pense en fait que la vraie raison est ailleurs !
Ensuite il s’est levé et il est venu derrière moi et, en posant ses mains sur mes épaules, il m’a dit qu’il avait une profonde confiance en moi et en mes compétences, et qu’il souhaitait que je me confie à lui si quelque chose n’allait pas, il a ajouté qu’il serait plus attentif à moi ces prochaines semaines…
J’ai regagné mon poste de travail, j’ai remis mon casque sur les oreilles et j’ai continué à me forcer à répondre au téléphone…. Seulement voilà, les appels sont devenus de plus en plus durs, les gens de plus en plus nerveux et violents, et mes statistiques ne sont pas vraiment remontées… alors, après quelques semaines, il m’a convoqué dans son bureau et il m’a dit qu’il allait devoir faire quelque chose qu’il n’aimait pas trop… j’ai eu peur parce que je ne peux pas me retrouver sans travail, et avant même qu’il ne me dise quoi que ce soit, je lui ai confié que j’avais une petite fille, je devais payer la crèche, les traites de la maison que mon ex-mari n’assumait plus depuis qu’il avait quitté le pays, et je ne pouvais pas tout perdre… et, en pleure, je lui ai promis de faire un effort, un gros effort, et il est revenu derrière moi comme la première fois, en posant à nouveau ses mains sur mes épaules, mais cette fois-ci en me massant la nuque et le cou… moi, je disais rien, entre deux sanglots, j’étais tétanisée et j’ai pas osé bouger quand ses mains sont passées sous le col de ma blouse pour venir à même la peau… Il m’a dit qu’il savait depuis le début qu’il y avait un problème extra-professionnel chez moi et que j’aurais dû lui en parler avant, qu’il n’était pas un monstre, qu’il pouvait comprendre, et en même temps il me caressait les épaules en passant ses mains sous les bretelles de mon soutien-gorge, et moi je ne savais pas quoi faire, bloquée et tremblante…
Il m’a dit qu’il me laissait encore une chance, et qu’il allait même prendre du temps avec moi, et qu’on allait commencer dès aujourd’hui par un rafraichissement des techniques de téléphone… mais à la fin de la journée de travail, quand tout le monde serait parti et qu’on serait tranquille… j’ai donc dû commencer à m’arranger avec la nounou pour qu’elle garde Lucie plus longtemps, et on a commencé à faire des révisions le soir après le travail… il m’a très vite demandé de me mettre à l’aise et de moins me contracter… il a très vite pris l’habitude aussi de me tenir, de me frôler, de me complimenter sur mes tenues et sur mes formes…
Il était gentil avec moi, très gentil même, mais aussi très marié, et j’ai essayé de garder une certaine retenue quand nous révisions. Seulement, il changeait d’humeur quand par exemple je portais un col roulé ou quand je mettais une tenue très neutre, stricte… et sans vraiment m’en rendre compte j’ai commencé à lui obéir, à sourire quand il me le demandait, à dégrafer un bouton de mon chemisier quand il faisait très chaud.
Je me suis même surprise à choisir des « wonderbra » dans mes achats de sous-vêtements… mais surtout, j’ai arrêté de sortir avec mes copines, j’ai cessé mes activités aux restos du cœur aussi. Inconsciemment, je me suis retrouvée complètement seule, au point que j’étais presque contente d’aller travailler… surtout qu’il m’a changé de département et je me suis retrouvée seule dans un bureau avec la fonction d’assistante du responsable de département… les collègues ont bien essayé de me raisonner mais ce n’était pas elles qui allaient me verser ma paie à la fin du mois, et en plus je mettais cela sur le compte de la jalousie maladive des filles qui supportent pas que l’on puisse avoir ce qu’elles n’ont pas… je n’étais plus au téléphone et même si ma charge de travail était très lourde, je n’avais plus ce stress quotidien, alors j’ai tout accepté en me jurant de ne pas aller au-delà d’un certain stade…
Et le stade que je redoutais… s’est présenté à moi.. sous la forme d’une énième soirée d’heures supplémentaires où, rentrant d’un séminaire où ils n’avaient certainement pas bu que de l’eau, il est passé tard au bureau en étant sur de m’y trouver, parce qu’il m’avait donné assez de dossiers à traiter dans la journée pour que je ne sois pas encore partie… et alcool aidant… il s’est mis à me caresser une fois de plus les épaules… mais cette fois, il s’est collé contre mon dos et j’ai senti ses envies contre moi… je me suis réveillée de ma torpeur et, en une fraction de secondes, je me suis rendue compte de ce qui était en train de m’arriver et je ne le voulais pas…
Alors j’ai cherché à me lever mais ses mains se sont crispées sur mes épaules et j’ai eu l’impression que tout son corps s’appuyait sur moi….. j’ai voulu me dégager mais il m’a tirée en arrière sur la chaise en me disant que je n’allais pas commencer à faire des manières avec lui, qu’il avait appris à me connaître et qu’il s’était rendu compte qu’il me plaisait, et même que je faisais tout pour le provoquer… il n’y avait qu’à voir comment je m’habillais depuis un bout de temps et tout ce que j’avais tenté pour obtenir ses faveurs professionnelles et que maintenant … c’était lui faire un affront que de ne pas accepter que lui vienne à moi… surtout que, comme je vivais seule et ne sortais jamais, je ne devais avoir aucune relation avec aucun homme et certainement que seul lui voulait encore de moi car il avait appris a me connaître et savait que j’étais complexée…
J’ai paniqué, je me suis dégagée et je me suis redressée sur mes jambes en me retournant… je voulais lui faire face, je ne supportais plus sa présence dans mon dos… il a écarté la chaise d’un geste brusque, son regard avait changé, ses yeux étaient devenus couleur acier, il se dégageait de lui une impression de froideur insoutenable… même sa voix avait changé…
- Tu vas pas t’en tirer comme ça !
- T’es rien sans moi !
- Tu me dois tout, et maintenant il va falloir que tu me respectes !
J’étais de plus en plus tétanisée, appuyée contre le bureau et à sa merci… il s’est jeté sur moi, m’attrapant par les poignets qu’il s’est mis a tordre… la douleur a été tellement forte que mes jambes ont cédé et je suis tombée à genoux devant lui… il m’a lâché un bras et m’a fait une clef dans le dos avec l’autre et, de sa main libre, il a ouvert son pantalon… je le suppliais de ne pas me faire aussi mal, mais il continuait en m’insultant, me traitant d’allumeuse et de salope et me disant qu’il fallait que j’éteigne le feu que j’avais allumé en lui… il a sorti son sexe, ça sentait mauvais, la transpiration et le désir bestial… il m’a dit que je devais le sucer… je fermais la bouche, je ne le voulais pas… je ne le voulais pas… il m’a saisi par les cheveux et m’a appuyé le visage contre son ventre… je me suis mise à pleurer, n’osant pas ouvrir la bouche pour crier… il devenait de plus en plus violent… je l’ai regardé à un moment donné, suppliante, les yeux inondés de larmes, en implorant sa pitié… ses yeux qui étaient devenus rouges… j’ai crié que j’avais le diable devant moi….
J’ai fermé les yeux… je me suis dis que j’allais mourir … j’ai même pensé que je préférerais mourir… et je me suis totalement laissée sombrer… et là, il a relâché mon bras, il a remonté son pantalon sèchement et s’est accroupi devant moi… j’étais moitié assise sur la moquette, la tête penchée en avant, il m’a aidé à me relever, il avait l’air paniqué… il m’a secouée en me demandant de le regarder… mon regard était vague, j’étais partie, ailleurs, je l’entendais comme si sa voix était lointaine… il a reboutonné maladroitement mon chemisier qui s’était ouvert pendant l’agression, il m’a dit et répété qu’il ne s’était rien passé… que j’avais eu un malaise… que je travaillais trop et qu’il allait me raccompagner chez moi…
J’essayais de reprendre mes esprits, j’entendais ses mots au loin, je savais que je n’avais pas rêvé mais j’étais en état de choc et si mon inconscient me disait de ne pas le croire, mon conscient se mettait à douter…. Il était redevenu gentil, prévenant, il m’a passé sa gabardine sur les épaules, il m’a soutenue, on est sorti… il a fermé la porte, il a vérifié que les lumières soient éteintes partout, il n’était pas tranquille, il regardait dans tous les bureaux… je le distinguais à travers un voile flou… on s’est retrouvé dans l’ascenseur, puis dans le parking, puis sur le périphérique en direction de chez moi… il semblait connaître parfaitement le chemin… moi, j’avais le visage collé à la vitre , je me souviens qu’il pleuvait, je me souviens que la vitre était fraiche et que ça me faisait bizarre sur les lèvres et sur la joue, presque du bien… je me souviens qu’il a freiné brusquement à un moment donné, et qu’il y avait des feux bleus loin devant… il parlait tout seul, il disait qu’il était fichu, il a mis le clignotant, j’ai senti la voiture ralentir encore et je l’ai entendu souffler tout en bougeant sur son siège, comme s’il se recoiffait ou remontait sa cravate… il a descendu la vitre électrique… j’ai entendu une autre voix… j’ai compris que c’était peut-être mon salut… j’ai essayé de rassembler toutes mes forces pour faire quelque chose… la voiture s’est totalement immobilisée, un homme s’est adressé a lui !
- Gendarmerie nationale, vos papiers s’il vous plait
Il a essayé de donner le change, expliquant qu’il avait peut-être roulé un peu vite mais que c’était surtout pour moi, parce que j’avais eu un malaise au bureau et qu’il voulait me ramener chez moi… le gendarme s’est penché et m’a braqué sa lampe de poche sur le visage et j’ai vu son visage se décomposer… il a fait un pas en arrière, a mis la main à la ceinture en criant
- Sortez du véhicule
J’ai senti la voiture redémarrer en trombe, puis un double bruit d’explosion sourde et la voiture qui part à droite et vient frotter la glissière de sécurité…. En s’immobilisant très vite… je cherche à sortir, j’entends la portière du conducteur qui s’ouvre et je l’entends jurer sur la ceinture de sécurité qui ne se détache pas… ensuite, ça va très vite, je sens que je me retrouve seule dans la voiture, j’entends des cris, une sommation… je ferme les yeux, j’ai soudain mal partout…. Un coup de feu claque… puis un long silence….
Un long silence avec une odeur écœurante qui semble remplir l’habitacle de la voiture…. Je sens mon corps devenir tout léger… je me retrouve au-dessus de la voiture ! Je flotte et je vois tout ce qui se passe juste en-dessous de moi, la voiture a les 4 roues crevées, il y a des gendarmes partout qui courent dans toutes les directions, essayant de faire ralentir les voitures qui arrivent sur la route.
Le chef de département est couché sur le ventre juste à trois mètres de la voiture qui fume maintenant, il y a un gendarme qui lui met son genou sur la tête pendant qu’il semble lui passer les menottes et un autre qui est carrément couché sur lui… je l’entends crier qu’il lui font mal, mais ça ne change rien pour les gendarmes. Un peu plus loin, j’entends une discussion entre deux gendarmes qui disent que c’était juste… qu’ils ont manqué de le rater….
J’entends au loin le bruit d’une ambulance, je suis toujours dans l’habitacle et une femme gendarme semble me parler en détachant ma ceinture de sécurité… j’ai le visage… tuméfié, je me vois… je ne ressens rien… j’entends la gendarme qui m’appelle puis je la vois ressortir paniquée et faire de grands gestes en direction d’autres agents qui courent dans sa direction… je ressens une chaleur incroyable, une plénitude…
J’ai l’impression de monter, de voir cette scène de plus en plus haut, j’entends tout, je vois tout comme un spectateur privilégié…. Dans mon esprit repasse ma vie… j’entends les voix de mes amies qui me disent que je devais m’y attendre, mais paradoxalement ce ne sont pas des reproches mais des constatations… je constate … que je meurs… je m’en vais… l’ambulance déboule, ils sortent un brancard, ils plongent libéralement dans l’habitacle et je les vois me ressortir et me mettre sur la civière… je suis couverte de sang, il me mettent une minerve et un masque sur le visage… j’ai chaud, je suis bien à les regarder…. Ils m’emballent dans une espèce de couverture dorée et me mettent dans l’ambulance, je vois l’un ressortir et s’installer en courant au volant, et je vois le véhicule partir toutes sirènes hurlantes… je suis bien… mon corps s’en va et moi je me sens aussi partir mais ailleurs….
J’ai repris conscience quelques jours plus tard, un matin… la femme gendarme était là, elle me regardait et quand elle a vu que j’étais lucide, elle s’est présentée… c’est elle qui est intervenue la première dans la voiture, je l’ai regardée longuement et son visage m’a tout à coup dit quelque chose… oui je l’avais déjà vue… elle travaillait dans le même département téléphonique que moi et je me souviens bien maintenant d’elle… la plus virulente pour me dire de faire attention à mon chef… la plus jalouse de toutes, j’ai pensé au début….
Elle m’a demandé si je voulais savoir ce qui s’était passé… je lui ai dit ce dont je me souvenais… ce que je viens de vous raconter, Monsieur le juge... Mais que m’est il vraiment arrivé ?
Bonjour,
vous me reconnaissez ? c’est moi Mouamarddessuisses… votre ami à tous, qui va éradiquer de la planète Europe ce parasite posé là en plein milieu de votre continent.
Je sais pas si vous avez entendu cette
information ! On n'a plus le droit de pêcher la sirène en Mer du Nord ! C’est vraiment n’importe quoi… parait qu’elle est en voie de disparition à cause de la surpêche ! Je ne vous
cache pas que pour moi, c’est un grave préjudice que cette décision ! mes potes marins pêcheurs japonais, qui eux,ont des flottes prévues pour le thon rouge, me l’ont dit… si tu continues à
négocier tout seul dans ton coin ,en acceptant de diminuer tes propres quotas et en obéissant au lobby écologiste, un jour ils vont te bouffer ton job en interdisant totalement ton activité…
J’aurais dû faire comme eux, graisser la patte des politiciens avec l’aide des gros patrons d’entreprises pharmaceutiques, agroalimentaires et pétrochimiques … parce que, pour eux, c’est bon, pas
d’interdiction… En plus, ils peuvent continuer à aller au large des côtes somaliennes décharger leur stocks de produits chimiques mis en fûts et remplir leur cales de thon… ce serait pas rentable
et pas écologique de faire le trajet aller à vide ! et leurs copains militaires s’occupent des pirates somaliens à grand scoups d’obus de 30mm… en plus, je peux vous assurer que c’est pas
facile de viser à coup de canon une embarcation de 10m de long sans toucher le petit voilier du pauvre navigateur solitaire qui tente de rejoindre le canal de Suez… c’est pas facile mais c’est un
bon entrainement et l’entrainement, ils en ont besoin pour ensuite, s’occuper des navires de Greenpeace qui les empêchent de ramasser les baleines! Bein, c’est clair, qu’ils préfèrent depuis
longtemps demander à l’armée de s’en occuper plutôt que, au péril de leur vie, devoir éperonner les bateaux… A ceux qui en douteraient et prétendraient que c’est impossible, je les ramène au
Rambow Wariors que les militaires français ont eu le judicieux honneur de couler dans un port de Nouvelle Zélande il y a pas mal d’années… bon, sur le moment, ça avait fait un peu de foin, mais
les militaires qui ont fait le coup ont fini par être envoyés sur une île paradisiaque durant quelque temps et les rugbymans ont pu continuer à se foncer dans le lard en se menaçant d’égorgement
au début du match et en se faisant des bisous à la fin … donc …heureusement… pis heureusement aussi que, jusqu’à preuve du contraire, les bateaux de Greenpeace ne remontent pas l’amazone, parce
que ce serait un comble que ces emmerdeurs commencent à aller s’attaquer à ces pauvres bûcherons qui gagnent difficilement leur croûte en permettant aux propriétaires terriens subventionnés par
Moncento de produire du maïs et du soja pour nourrir notre bétail ! Vous imaginez qu’on en soit rendu à leur faire brouter l’herbe ? On en serait à avoir des pénuries de lait et on
devrait payer un prix de dingue les paysans pour pouvoir faire un peu de fromage… et permettre à nos enfants de boire du lait…

direction le quartier sous-gare et ses boulangeries matinales, j’ai parqué ma Prius (comme je suis un matamore, prétentieux, je ne me contente pas de conduire « propre » je vous
le fais remarquer) et j’ai commencé à arpenter les laboratoires, attiré comme un moustique par les lumières blanches visibles par les sauts de loup depuis le dehors, seulement voilà, toutes les
portes d’accès étaient fermées ce qui m’a profondément agacé car « à mon époque » c’était standard d’aller s’acheter la douzaine de croissants en fin de fiesta… reste qu’aujourd’hui,
manque à gagner des autorités sur les produits vendus au black pendant la nuit, les laboratoires sont fermés au public avant l’ouverture officielle du premier dépôt situé au pied des marches de
l’accès à la gare ! me voilà donc parti pour l’endroit, le lieu… à pied, il est 6 heures moins le quart et la livraison est prévue à 6h et demi, je patiente, regarde les trains se préparer à
transporter tous les pendulaires gorgés de café et de croissants mal cuits, écoute les conversations des cheminots, casquette syndicale vissée sur le crane, essaie de repérer les nids de
pigeon sur les vielles dînes rouillées qui tiennent le toit, compte le nombre de pieds ressortant de dessous le tas de cartons situés dans une des salles d’attente sur les quais, tourne la tête
au passage d’une vielle pute aux bas filés qui semble avoir compensé son manque de clients par une bonne biture… aïe aïe… et la regarde s’étaler de tout son long devant l’un des accès aux voies
de chemin de fer, sous les yeux d’un accordéoniste roumain qui s’installe à même le sol en attendant les premiers passagers chargés de pièces jaunes… Il est bientôt l’heure, je me rapproche du
lieu béni, la boulangère vient d’arriver, je me poste à proximité, le dos appuyé contre la mosaïque du mur de la gare, je l’observe, elle me remarque, je lui souris, je les vois, mes croissants
chauds sont là, en vrac, en nombre, j’en salive d’avance, je me rapproche, je regarde la boulangère, elle doit déjà avoir compris, c’est pas tout à fait l’heure mais elle est prête et, le premier
direct va rentrer en gare, j’en ai l’eau à la bouche, je plonge ma main dans ma poche pour me saisir de mon porte monnaie, je passe ma commande en lui souriant. « Désolé, j’ai pas le
droit de vous servir avant 6h30, je suis navrée mais je suis surveillée » elle lance son regard en direction d’un guichet où un employé moustachu, casquette de flic sur la tête nous fixe,
« J’attends » m’entends-je lui dire en reculant, et de la regarder préparer les cornets des habitués, six dans celui-ci, quatre pour celui-la, les cornets se remplissent et attendent en
ordre leurs propriétaires qui devront, eux aussi attendre l’heure, plus que 6 minutes 24 et le train décharge les pendulaires, un coup d’œil sur la cabine de M’sieur « l’heure c’est
l’heure », il regarde ailleurs, j’y vais, je serais le premier, soudain un bruit sourd, une avalanche de bras de jambe de porte-documents, l’ensemble du train semble m’arriver dessus,
j’hésite, je suis poli, ils vont dépasser le dépôt de pain et s’en aller à leurs job ! Horreur ! ils font tous la queue et la queue est à l’autre bout de l’endroit où je suis, je fais
le tour, je m’incruste, je sens l’odeur des croissants, j’ai fait connaissance avec la boulangère, je veux ma part, je ne tiendrais pas plus longtemps… les portes-monnaie fleurissent, les mains
se tendent, la file avance, plus que douze, onze…. Dix… en voilà un qui hésite, j’entends pas tout mais il semble préférer les petit pains, tant mieux… mais qu’est-ce qu’elle fait ? elle
sort un gros sac, plonge la main dans la réserve de croissant et les saisis par poignée, douze, vingt quatre…. Deux gros sacs pour tout le bureau pour son anniversaire ! ce con a choisi
aujourd’hui pour fêter son anniversaire, la file recommence à avancer, plus que cinq, quatre, trois…. ça va être à moi… c’est à moi…. « quatre croissants au beurre s’il vous plait »
« j’ai plus de croissants Monsieur, j’ai encore des petits pains » la réponse tombe comme une sentence, la sentence de ma connerie, de ma trop grande gentillesse, de ma politesse
extrême, de mon manque de réaction… « heu… et là, mademoiselle, vous avez pleins de cornets pleins de croissants ! » « Ils sont réservés, Monsieur, désolée »
« Mais, tout à l’heure, quand je suis venu avant tout le monde, pourquoi vous ne m’avez pas dit que je pouvais réserver ? » « Vous ne me l’avez pas demandé ! mais si vous
patientez, et qu’une des réservations ne vient pas chercher son cornet, je vous les vendrais volontiers ! vous voulez pas un petit pain ? » « Je patiente » je retourne
m’adosser au mur, j’attends, les trains arrivent, les cornets partent, la boulangère me sourit encore, elle garde espoir et moi aussi, ma bouche devient pâteuse, je crève d’envie de ses
croissants, je ne remarque même pas ses deux petits pains plus proche de deux miches, deux bonnes miches ! Il est presque neuf heures, les trains sont moins chargés de passager, il reste un
cornet, j’ai loupé mon premier rendez-vous, je m’approche à nouveau… « vous êtes sûre que celui-ci va partir ? Il semble déjà tous passés prendre leur petit déjeuner ! »…
« Celui-ci, c’est le mien, avec de tels sauvages, j’ai intérêt à m’en garder quelques uns pour moi, surtout que mon mari apprécie pas trop quand je lui en réserve pas ! »
« mais vous êtes pas la femme du boulanger ? vous ne pouvez pas en avoir tant que vous voulez ! », « Non, suis sa vendeuse du matin, je vais boucler maintenant, j’ai tout
vendu, il me reste un petit pain, vous le voulez » « J’en ai rien a foutre de ton petit pain connasse, je me suis levé exprès a quatre heures du matin pour manger des croissants et tu
veux me faire bouffer ton petit pain merdique ? » « Vous fâchez pas ! restez poli, je fais mon boulot ! Z’avez qu’à aller directement à la boulangerie si vous voulez des
croissants ! qu’est-ce qu’il vient m’enmerder au dépôt de pain de la gare où les trois quarts des gens sont des habitués qui ont réservé celui là? » Je comprend très vite, en sentant la
main épaisse du « maître de l’heure » que j’ai intérêt à pas continuer à m’exciter, je me dégage en criant que c’est bon, que je me casse et pars en direction des escaliers qui donnent
accès à l’extérieur, je vais aller à cette satanée boulangerie, de toute manière, vu que je devrais normalement me trouver devant l’entrée de mon deuxième client, je vais avoir des ennuis, alors
autant aller jusqu’au bout de ma conquête aux croissants, je me retourne pour lancer un dernier « va te faire foutre connasse » quand mon téléphone portable se met à chanter la douce
mélopée « Décroche Connard, c’est ton patron qui t’appelle »… La suite est malheureusement en droite ligne de mon début de journée, ma lettre d’avertissement est dans le signataire et si je
ne regagne pas immédiatement mon bureau, je suis « cuit-cuit » je décide donc de renoncer à ma quête de croissant, non sans être passé au préalable devant la boutique du fournisseur de
la gare et là… oh miracle, à travers la vitrine, je distingue dans le panier aux croissants… un dernier croissant… je pousse la porte, je m’approche du comptoir, je m’apprête a passer ma commande
quand j’entends une petite voix sortant de derrière une étagère sur laquelle trône l’ensemble des sucreries du magasin « M’dame, tu me donnes aussi un croissant avec mon petit pain et ma
branche de chocolat ? » Désemparé, je regarde la vendeuse avec à la bouche le début de bave de celui qui DOIT absolument se procurer le sésame qui lui enlèvera cette satanée frustration
gustative qui tourne à l’obsession quand, dans un sourire contendant, celle-ci me dit : « je finis de servir le petit et je suis tout à vous Monsieur ! » la
suite.. ? après avoir piqué le cornet dans lequel me narguait le croissant du petit, et m’être enfuit en courant en direction de ma Prius, je me suis fait rattraper par le boulanger, le
boucher ainsi que le grand frère du marmot, serveur au bar à café d’à coté le temps d’essayer de m’expliquer que bientôt, la moitié du quartier m’encerclait, et je n’ai eu la vie sauve qu’à
l’intervention du journaliste attitré à la FM de mon radio-réveil qui m’annonçait avec délectation que le sketch que l’on venait d’entendre à la radio était de l’immortel Fernand Raynaud…
« Avec deux croissants ! »
j’étais en train de me soulager d’un trop plein de bière du soir d’avant en regardant la défaite de l’Olympique Lyonnais quand j’ai repensé a cet interview de Flavie Flamand, je ne sais
plus sur quelle chaîne zappée avant le match ! Entre nous, elle est vraiment plus que ravissante mais… c’est pas mon genre, trop petite poitrine et trop gentille pour moi, j’aime les
garce et si s’en ai une, elle le porte pas sur elle en tout cas, reste que j’écoutais ce qu’elle disait concernant une pièce de théâtre appelée « monologue pour un vagin » et j’ai
trouvé… qu’il y avait pas de raison ! pas de raison qu’une belle fille comme elle puisse parler d’un endroit que nous les mecs, confondant toujours avec une cavité pour moule marinière en
gestation ou encore pire, un garage pour ranger notre bite quand on sait plus ou la garer ! Avec elle, ça redevenait presque… humain ! J’ai donc décidé de parler de ma bite comme elle
de son vagin et comme je suis attentif a tout, j’ai commencé par m’intéresser au sort de cette pauvre petite chose, raison pour laquelle, ce matin, quand je la regardais tenter avec difficulté de
faire tomber la dernière petite goutte du pipi matinal, je me suis dis… Toi ma vielle, t’as mauvaise mine ! Va te falloir des vacances ! Seulement voilà.. ma bite aime pas les
vacances ! faut la comprendre, en vacances, elle bosse tout autant ! pipi, branlette, re-pipi, sans compte qu’en vacances elle est systématiquement plaquée contre ma cuisse ou mon
ventre, c’est selon, parce que je porte plutôt le jeans serré ! Alors je suis resté un peu du « bite » atif devant ce morne robinet de chaire et j’ai compris ! Ma bite
avait besoin que je l’aime, comme Flavie avec son vagin, réapprendre à aimer ce qui nous appartient, en être fier, le couver, lui montrer qu’elle est importante, d’ailleurs, comment espérer que
quelqu’un d’autre que soit même aime sa propre bite ? Quand je me fais sucer et que je demande aimablement à la butineuse de service « Alors tu l’aimes ma bite ? » elle
me répond systématiquement « Wrogroumvrislurp » ce qui, veut dire « oui je l’adore » la bouche pleine… mais c’est qu’une traduction de mâle, 4a pourrait tout autant vouloir
dire « Si tu veux bien m’éviter de t’répondre la bouche pleine » le fait que d’autres aiment ma bite, c’est des conneries, une montagne de mensonge car on peut pas aimer une bite, on
peut apprécier de se rendre compte de l’effet que l’on procure, voir même du pouvoir que l’on prend en la suçant, mais on l’aime pas ! c’est un bout de chaire qui recouvre une éponge qui se
dilate avec l’excitation et quand on sait que c’est un afflux sanguin qui lui donne cet effet, « burk » c’est presque du cannibalisme que d’aimer une bite, en tout cas, en ce qui me
concerne, une majorité de fois ou on m’a répondu « Wrogroumvrislurp » pas très longtemps après, alors que j’étais à deux doigts d’exploser, on s’en détachait abruptement pour me
demander d’envoyer ma bite au casse pipe (je sais je sais) dans un vagin et sincèrement, pour tout vous dire, autant j’aime ma bite, autant j’ai vraiment aucune affinité avec les vagins, connus
ou inconnus d’ailleurs, mais j’ai aucun doutes que les propriétaires de ces vagins dans leurs grandes majorités adorent leur vagin ! et puis voilà, ma bite, elle les aimes, les vagins, et
elle n’est jamais autant déprimée que quand je la prive du plaisir d’une rencontre avec un vagin pour la confiner à une bouche, certes moelleuse mais considérablement moins bien équipée pour
l’accueillir et c’est là que ma bite se met à penser que je suis un égoïste, parce que moi, au contraire de ma bite, j’adore ça, une bouche une langue qui taquine ! Je trouve que c’est plus
hospitalier, c’est mieux recevoir, on accompagne, l’inviter, on le met à l’aise, on crée toute de suite une atmosphère humide et tempérée, c’est comme un cocktail dans lequel on aura pris d’y
mettre une paille, dans le cas de figure de la bouche, c’est une langue… vous avez déjà croisé un vagin avec une langue au fond ? Si c’est le cas, faut me donner l’adresse, ça me
réconciliera avec ma bite.. Donc, voilà, je voulais vous dire aujourd’hui que j’ai pris une grande décision, je vais aimer ma bite, véritablement commencer à l’estimer, arrêter mon égoïsme
primaire pour lui permettre de s’épanouir, je veux la voir re-devenir celle qu’elle a toujours été quand je me posais pas autant de questions, et j’espère que comme ça je pourrais enfin… arrêter
le Viagra…
